Mes recherches autour de la technique de l’anthotype tentent de questionner notre rapport à l’image en tant que tel, à travers sa matérialité, la manière dont elle est produite.
L’utilisation de cette technique basée sur la dégradation chlorophyllienne me permet de venir interroger les procédés de tirages de la photographie et des chimies qui lui sont liée, ce qui pose la question de leurs impacts. Les possibilités de stabilisation éphémère de cette technique « plus naturelle » dans le temps, vient aussi toucher du doigt la conservation de l’œuvre et sa durabilité.
De plus cette technique limitée au monochrome (ici vert) traduit une certaine esthétique que j’ai voulue confronter à ma collection d’images d’usines, de pylônes électriques… que je croise depuis de nombreuses années lors de mes déambulations et qui me fascinent. Je vois cette proposition comme une manière de révéler la beauté de ces lieux, vécus généralement négativement par les spectateurs. Ces images d’espaces habituellement «cachés, camouflés» dans les périphéries sont autant de stigmates de notre présence humaine et une infime partie de la réalité tangible de nos moyens de production, ils s’opposent ici à la sobriété de l’anthotype en termes de technique mais aussi d’esthétique. Je tente de mettre en abyme notre questionnement interne entre nécessité écologique et matérialité du quotidien.